PEA ou assurance-vie : trois critères font la différence
La question « PEA ou assurance-vie ? » n'a pas de réponse universelle. À rendement identique, trois paramètres départagent le PEA, l'assurance-vie et le compte-titres : l'horizon (les avantages fiscaux s'obtiennent après 5 ans pour le PEA, 8 ans pour l'assurance-vie), les frais (quelques dixièmes de point par an pèsent lourd sur quinze ans) et le montant (le PEA est plafonné, l'abattement de l'assurance-vie aussi). Le comparateur les met en balance pour votre cas.
Le PEA : l'enveloppe des actions européennes
Le plan d'épargne en actions accueille des actions de sociétés européennes et des fonds qui en détiennent au moins 75 %, y compris de nombreux ETF répliquant des indices mondiaux. Chaque personne ne peut en ouvrir qu'un, et les versements sont limités à 150 000 € ; les gains réinvestis ne comptent pas dans ce plafond. Tant que l'argent reste dans le plan, dividendes et plus-values ne sont pas imposés.
À la sortie, tout dépend de l'âge du plan. Après 5 ans, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu et seuls 18,6 % de prélèvements sociaux sont dus : la hausse de la CSG votée pour 2026 s'applique bien au PEA. Les gains acquis avant 2018 sur un plan ancien restent soumis aux taux historiques en vigueur lors de leur constitution. Avant 5 ans, un retrait clôture le plan (sauf licenciement, invalidité, mise à la retraite anticipée ou création d'entreprise) et le gain supporte 12,8 % d'impôt plus 18,6 % de prélèvements sociaux.
L'assurance-vie : souplesse et abattement après 8 ans
Un contrat d'assurance-vie combine un fonds en euros, à capital garanti, et des unités de compte (actions, obligations, immobilier) investies sur tous les marchés. Ni plafond ni limite au nombre de contrats. En contrepartie, l'assureur prélève des frais de gestion annuels, souvent de 0,5 % à 1 % sur les unités de compte, et parfois des frais sur versements.
Pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017, un rachat après 8 ans bénéficie d'un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple marié ou pacsé) sur les gains, puis d'un taux de 7,5 %, porté à 12,8 % pour la part des gains liée aux primes au-delà de 150 000 €, tous contrats confondus. Avant 8 ans, les gains sont taxés à 12,8 %. Les prélèvements sociaux restent à 17,2 % : l'assurance-vie est exclue de la hausse de 2026, unités de compte comprises. Sur un rachat, seule la part de gains est imposée : en cas de rachat total, la valeur de rachat moins les primes versées.
Le compte-titres : liberté totale, fiscalité pleine
Le compte-titres ordinaire n'a ni plafond, ni durée minimale, ni restriction géographique : actions américaines, obligations, ETF de toute nature. Il n'offre en revanche aucun avantage fiscal. Les plus-values sont imposées à la vente et les dividendes l'année de leur versement, au PFU de 31,4 %, sauf option globale pour le barème progressif, intéressante pour les foyers dont le taux marginal est de 0 % ou 11 %. Les moins-values sont imputables sur les plus-values des dix années suivantes.
Fiscalité 2026 : tableau récapitulatif
| Enveloppe | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Plafond |
|---|---|---|---|
| PEA avant 5 ans | 12,8 % + clôture | 18,6 % | 150 000 € |
| PEA après 5 ans | Exonéré | 18,6 % | 150 000 € |
| Assurance-vie avant 8 ans | 12,8 % | 17,2 % | Aucun |
| Assurance-vie après 8 ans | Abattement, puis 7,5 % ou 12,8 % | 17,2 % | Aucun |
| Compte-titres | 12,8 % | 18,6 % | Aucun |
Dans tous les cas, l'option pour le barème progressif remplace le taux forfaitaire d'impôt sur le revenu, jamais les prélèvements sociaux. Pour la mesurer sur vos dividendes et intérêts, utilisez notre calcul de la flat tax 2026.
Exemples chiffrés : PEA vs assurance-vie vs compte-titres
Hypothèses des valeurs par défaut : 10 000 € au départ, 200 € par mois, 5 % de rendement brut, frais de 0,2 % pour le PEA, 0,75 % pour l'assurance-vie et 0,3 % pour le compte-titres, personne seule.
- Sur 15 ans (46 000 € versés) : le PEA rend 67 434 €, le compte-titres 63 584 € et l'assurance-vie 63 344 €. L'assurance-vie paie moins d'impôt que le compte-titres (5 231 € contre 8 048 €), mais ses frais lui coûtent 5 179 €.
- Sur 25 ans : PEA 131 990 €, compte-titres 120 622 €, assurance-vie 118 303 €. Avec un contrat à 0,5 % de frais, l'assurance-vie remonte à 122 452 € et passe devant le compte-titres.
- Sur 4 ans : PEA et compte-titres sont imposés de la même façon ; l'écart (45,47 €) ne tient qu'aux frais, et le retrait clôturerait le PEA.
Leçon : le PEA domine pour un projet en actions de plus de cinq ans, dans la limite de son plafond. Entre assurance-vie et compte-titres, les frais de gestion décident souvent du vainqueur.
Quelle enveloppe choisir selon votre projet ?
| Votre situation | Enveloppe à privilégier |
|---|---|
| Actions, horizon de plus de 5 ans | PEA, jusqu'au plafond |
| Épargne diversifiée, fonds en euros, transmission | Assurance-vie à frais réduits |
| Besoin de l'argent dans moins de 5 ans | Compte-titres ou épargne sans risque |
| Actions hors d'Europe en direct, montants élevés | Compte-titres en complément |
Les erreurs fréquentes
- Attendre pour ouvrir un PEA ou une assurance-vie. Le délai de 5 ou 8 ans court dès le premier versement : ouvrir tôt avec une petite somme « prend date ».
- Ignorer les frais. Un écart de 0,5 point par an coûte plusieurs milliers d'euros sur quinze ans, davantage que l'avantage fiscal.
- Racheter tout d'un coup. L'abattement de l'assurance-vie se renouvelle chaque année : des rachats étalés sont moins taxés qu'un rachat total.
- Retirer de son PEA avant 5 ans par réflexe. Le plan est clôturé et le compteur repart de zéro.
- Croire que l'assurance-vie subit les 18,6 %. Ses gains restent à 17,2 %, unités de compte comprises.
Méthode et limites
Le comparateur capitalise chaque mois, au taux mensuel équivalent, le rendement diminué des frais de chaque enveloppe, comme notre simulateur d'intérêts composés. À l'horizon, il simule un rachat total et applique la fiscalité de sortie 2026. L'assurance-vie est supposée investie en unités de compte. Il ne modélise pas le fonds en euros, les frais sur versements, la fiscalité des contrats ouverts avant 2017, la transmission ni l'imputation des moins-values. Les rendements futurs sont incertains et le capital investi en actions n'est pas garanti.
Questions fréquentes
PEA ou assurance-vie : lequel choisir ?
Pour investir en actions sur plus de cinq ans, le PEA est souvent le plus rentable : ses gains ne supportent que 18,6 % de prélèvements sociaux, et les frais des courtiers en ligne sont faibles. L'assurance-vie se justifie par sa souplesse (fonds en euros, supports du monde entier, retraits partiels sans clôture), son abattement de 4 600 € ou 9 200 € par an après huit ans et ses avantages pour la transmission. Beaucoup d'épargnants utilisent les deux.
La hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % touche-t-elle l'assurance-vie en unités de compte ?
Non. L'article L136-8 du code de la sécurité sociale maintient la CSG à 9,2 % pour tous les produits des contrats d'assurance-vie et de capitalisation, qu'ils viennent du fonds en euros ou des unités de compte, imposées au rachat. Ces gains restent à 17,2 % de prélèvements sociaux. Le PEA et le compte-titres passent en revanche à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026.
Que se passe-t-il si je retire de l’argent de mon PEA avant 5 ans ?
Le retrait entraîne en principe la clôture du plan, sauf licenciement, invalidité, mise à la retraite anticipée ou création d'entreprise dans les trois mois. Le gain net est imposé à 12,8 % (ou au barème sur option), plus 18,6 % de prélèvements sociaux, comme sur un compte-titres. Après cinq ans, les retraits partiels sont possibles sans clôture et sans impôt sur le revenu.
Comment fonctionne l'abattement de 4 600 € de l'assurance-vie ?
Après huit ans de contrat, les gains compris dans vos rachats sont diminués chaque année de 4 600 € pour une personne seule ou de 9 200 € pour un couple marié ou pacsé, tous contrats confondus. L'abattement réduit l'impôt sur le revenu, pas les prélèvements sociaux. Comme il se renouvelle chaque année, étaler ses rachats permet d'en profiter plusieurs fois.
Peut-on cumuler un PEA, une assurance-vie et un compte-titres ?
Oui. Chaque personne peut détenir un seul PEA (plafonné à 150 000 € de versements), mais autant de contrats d'assurance-vie et de comptes-titres qu'elle le souhaite. Pour l'assurance-vie, le seuil de 150 000 € qui donne droit au taux de 7,5 % s'apprécie en revanche sur l'ensemble de vos contrats.
Le compte-titres a-t-il encore un intérêt ?
Oui, pour ce que les autres enveloppes ne permettent pas : investir sans plafond, sur toutes les places boursières et tous les types de titres, ou disposer de son argent à tout moment sans conséquence sur l'enveloppe. Sur un horizon court, il fait jeu égal avec un PEA de moins de cinq ans. Ses gains, en revanche, supportent le PFU de 31,4 %, et les dividendes sont imposés chaque année.
Sources officielles
- PEA et assurance-vie (plafonds, durées, taux de 7,5 % et 12,8 %, abattements) : impots.gouv.fr, vérifié le 8 octobre 2026.
- Retrait d'un PEA avant 5 ans et clôture : service-public.gouv.fr, vérifié le 8 octobre 2026.
- Prélèvements sociaux 18,6 % et 17,2 % : service-public.gouv.fr, vérifié le 8 octobre 2026.
- Maintien de la CSG à 9,2 % pour l'assurance-vie, unités de compte comprises : article L136-8 du code de la sécurité sociale (Légifrance), vérifié le 8 octobre 2026.
- CSG déductible de 6,8 % en cas d'option pour le barème : impots.gouv.fr, vérifié le 8 octobre 2026.
Outil pédagogique : ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les résultats reposent sur des hypothèses constantes et ne garantissent aucune performance future. Tout placement financier comporte un risque de perte en capital. Lire l'avertissement complet.
Découvrez nos autres outils sur les enveloppes d'investissement ou revenez à la liste des simulateurs.